Navigation astronomique

Depuis dix jours bien nuageux, depuis dix longues nuits, l’horizon reste désespérément vide. Vous n’avez d’autre preuve de votre position sur le vaste océan, qu’une petite croix portée au crayon sur la carte. Et si tout cela était faux ? Votre estime aberrante ? Vos deux dernières droites de hauteur remontant à la dernière apparition du soleil plus de trois jours en arrière ! Et si l’île guettée n’apparaissait pas ?

A l’heure du GPS omniprésent, les frissons et angoisses du navigateur lors d’un atterrissage lointain se sont évaporés, … une part de poésie avec !
Aujourd’hui GPS, radar, pilote électrique sont couplés. Certains, parait-il, l’œil rivé sur leur écran ne mettent même plus le nez dehors ! Bien que ces nouvelles cartes électroniques visibles sur des logiciels de plus en plus sophistiqués soient magnifiques; elles sont encore trop souvent basées sur des sondes et relevés datant de plusieurs centaines d’années. Pas besoin de naviguer jusqu’aux Tuamotu pour se rendre compte qu’elles sont parfois erronées; alors que vous avez deux bons mètres d’eau autour de votre bateau, celles ci vous positionnent sur le sable ! Sans compter que tout appareil électronique peut tomber en panne, ou encore l’électricité venir à manquer à bord …

Alors savoir manipuler un sextant, et comprendre comment effectuer des calculs simples à partir des éphémérides et des tables de navigation, peut toujours vous être utile en grande traversée.
Le charme de la navigation astronomique, c’est aussi de se sentir relier au cosmos, en harmonie avec notre soleil, la lune et les étoiles; un monde éternel et merveilleux qui va progressivement vous devenir familier !

Sur le plan pratique, si un sextant d’entrée de gamme est suffisant pour effectuer un point solaire approximatif à quelques milles nautiques près, vous devrez disposer d’un sextant suffisamment lumineux, avec si possible un limbe en bronze et surtout une optique et des miroirs de qualité, pour réussir vos points d’étoiles. En effet pour effectuer un point à partir de trois étoiles convenablement réparties dans le ciel, vous devez pouvoir les reconnaître, malgré leur faible luminosité au crépuscule, et les amener à tangenter l’horizon. Si la qualité de votre sextant vous oblige à attendre la tombée complète de la nuit pour discerner les bonnes étoiles, l’horizon n’est alors plus visible …

soleil sur l'horizon en navigation astro

En dehors d’un sextant, vous devez disposer de l’heure précise à la seconde près (il est toujours possible de vérifier ou de mettre votre montre à l’heure grâce aux tops horaires radio-diffusés) et de tables astronomiques : les éphémérides nautiques pour l’année en cours, ainsi que des tables permanentes Dieumegard et Bataille, ou Perrin, ou bien les tables HO 214, HO 229 et HO 249 utilisées autrefois par la marine et l’aviation américaines. Comme l’explique l’ancien mais toujours excellent guide d’Olivier Stern-Veyrin « Navigation en haute mer », les tables H.O. 249 sont les plus simples à utiliser (Tables et éphémérides téléchargeables ici).
Si vous ne voulez pas faire les calculs à la main (bien que ce soit tout à fait possible) ou allumer votre ordinateur pour calculer votre droite de hauteur, ajoutez une calculatrice, si possible programmable, à cette liste d’équipements.

Alors que le point à partir de trois étoiles est toujours magique et immédiat, résultant en un triangle de droites de hauteurs dans lequel se situe votre position, dans la pratique en grande traversée, on effectue une droite de hauteur à partir du soleil le matin et une autre l’après midi. Le point est obtenu par l’intersection de la droite du matin transposée grâce à l’estime (cap vrai et distance parcourue approximative : loch, courants) et celle de l’après midi. C’est aussi la méthode recommandée pour les navigateurs moins expérimentés dans le maniement du sextant ou lorsque la mer est mauvaise, le point d’étoiles étant plus difficile à réaliser.
Sinon le calcul très simple de la méridienne permet d’obtenir la latitude du navire, à partir d’uniquement les éphémérides du jour et sans disposer de l’heure exacte, mais nécessite de rester suffisamment longtemps sur le pont le sextant à la main pour être sûr de mesurer l’angle maximum de la hauteur du soleil. Par ailleurs les droites de hauteurs obtenues avec la lune, par exemple à l’aube ou au crépuscule, sont une alternative intéressante au soleil mais nécessitent quelques calculs et corrections supplémentaires, notamment lorsque la lune n’est pas pleine.

» Des ouvrages de références et livres utiles à lire sur la navigation astro ici


A voir aussi sur le même sujet, des discussions sur le forum, les dossiers, les blogs des voyageurs et dans l’annuaire de l’Ovniclub :

Annuaire OVNI-Club > Navigation – Nautisme
Tout un tas de documents utiles à la navigation astronomique, des tutoriels et des exemples de calcul pour réaliser un point astronomique grâce au soleil, les étoiles ou la lune …


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