Le bonheur est sur la mer

Dans les années soixante dix et le début des années quatre vingt le grand voyage en mer attirait de nombreux candidats, souvent constructeurs amateurs, en rupture avec la civilisation occidentale . Bernard Moitessier a écrit dans La longue route :

« C’est toute la vie que je contemple, le soleil, les nuages, la mer, le temps qui passe et reste là. C’est aussi, parfois, cet autre monde devenu étranger, que j’ai quitté depuis des siècles. Ce monde moderne artificiel où l’homme a été transformé en machine à gagner de l’argent pour assouvir de faux besoins, de fausses joies. »

Aujourd’hui, à côté des nombreux jeunes retraités, on rencontre des « sabbatiquards » qui veulent arrêter le temps, et surtout une vie stressante, le temps d’une parenthèse sur les océans; pour découvrir à leur rythme le monde, la nature, les éléments, et profiter de leur famille.

Ces navigateurs mieux intégrés dans la société que leurs prédécesseurs, souvent cadres supérieurs ou de profession libérale, généralement plus âgés, disposant de ressources bien plus importantes, on assiste à une évolution significative de la flotte de grande plaisance. Les voiliers sont de plus en plus longs, possèdent tout le confort ménager, pratiquement comme à terre, et des instruments de communication et de navigation électronique sophistiqués. L’augmentation de la taille moyenne, de 35 à 45 pieds pour un équipage réduit ou un couple, avec les plus de 50 pieds de moins en moins rares, ainsi que des plus grandes largeurs conséquentes, sans parler des multicoques, posent d’ailleurs des problèmes d’accueil aux ports situés sur les grandes routes de transhumance. Visiter pour s’en convaincre la Gomera au mois de Novembre; pas facile d’y accoster avec un voilier de plus de 4m de bau.
Niveau équipement : fours, réfrigérateurs, dessalinisateurs, chauffages, ordinateurs, pilotes automatiques bien sûr, mais aussi téléphones satellite, écrans TV, machines à laver, congélateurs, fours à micro-ondes, voire même l’air conditionné, sont de plus en plus fréquents sur les unités de grande croisière. Ce qui entraîne des besoins énergétiques importants et souvent le recours à un groupe électrogène, en plus des panneaux solaires et éoliennes.

Ceux qui partent pour une durée bien déterminée envisagent en général un itinéraire précis. Typiquement c’est un tour de l’Atlantique sur un ou plutôt deux ans : Madère, Canaries, éventuellement Cap vert et Brésil, avant les Antilles et un retour par les Açores. Pour ceux disposant de trois à cinq ans, c’est un tour du monde par les alizés et le canal de Panama, puis un retour par l’Afrique du Sud et le cap de Bonne Espérance pour éviter les zones de piraterie maritime à l’entrée de la mer rouge.
Quant aux moins pressés, principalement de jeunes retraités, ils effectuent de grands voyages par étapes, un tour du monde pouvant s’échelonner sur dix ans, avec de nombreux retours à terre en France pour visiter leurs familles et éviter les périodes peu propices à la navigation (cyclones).
On note aussi un réel engouement pour l’aventure à la voile et la navigation sous les hautes latitudes : Spitsberg, Groenland, passage du Nord Ouest, Pentagonie, Antarctique…

Au risque de s’éloigner quelque peu des propos de Moitessier et de l’esprit des honorables précurseurs de la grande plaisance, ne pas perdre de vue cependant l’objectif principal du voyage, qu’il soit quête ou fuite : « le but c’est le voyage, ou plutôt le chemin est le véritable but ». Et non la destination, et encore moins le matériel ou l’équipement… Les sages ne prédisent-ils pas que découvertes et rencontres sont source de grandes joies; alors que confort, destinations à la mode, n’engendreront que petits plaisirs ou repli sur soi ?
Un équipage bien rôdé, utilisant une monture simple, dépouillée de beaucoup d’artifices de notre civilisation de pays développés, y parviendra peut-être plus facilement ?

scène de bonheur sur la mer

Des récits à lire pour découvrir les secrets du bonheur en mer !

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