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Plongée sous-marine

de l'initiation à la pratique à bord d'un bateau en voyage

L'initiation à la plongée sous-marine

Tout d'abord un parcours personnel intéressant pour ceux qui veulent découvrir... et éviter certaines erreurs communes :

"Au début j'avais l'impression que je ne dépasserai jamais les 3m en apnée sans souffrir. Puis en louant souvent des voiliers sous les tropiques dans les mers chaudes, j'ai commencé à m'entrainer tout seul en descendant le long de la chaîne d'ancre. J'avais l'impression de faire de gros progrès et c'était fun. Ayant apprécié le Grand Bleu comme beaucoup de voileux, j'ai commencé à pratiquer l'hyperventilation pour dépasser plus facilement ma propre barrière des 10m, comme les mytiques 100m du temps de Jacques Mayol. La ponctualité ne devant pas être mon fort, j'ai eu la chance de rater ce fameux rendez-vous syncopal des 7m, que j'ignorais totalement ! Un jour j'ai failli me faire hacher menu par une Saintoise qui coupait à fond au milieu des bateaux au mouillage; on entend les moteurs venir de loin sous l'eau, mais quand on n'a plus beaucoup d’oxygène on a hâte de regagner la surface ! Puis de longues brûlures sur la peau, plein le dos. Sans combi on est vulnérable à ces petits filaments peu visibles ou semblant inoffensifs, que les insulaires appellent à juste titre "brûlants".
Je me suis dit que si je voulais continuer à découvrir cette autre moitié méconnue de l'univers des marins, il fallait peut-être procéder avec méthode. J'ai appris plus tard qu'il n'était pas nécessaire de plonger profond pour risquer un accident. Beaucoup interviennent dans les 10 premiers mètres.
Habitant sur les rives du lac Léman j'ai suivi le parcours d'apprentissage de plongée PADI. Instructeur vraiment pro que je remercie encore de m'avoir transmis de très bonnes bases qui m'ont été encore utiles beaucoup plus tard lors de plongées moins faciles que prévues, dans des pays "exotiques" où la sécurité n'était pas au top, ou même en France dans un club méditerranéen pas trop organisé avec des semi-pros photographes plongeant sur des épaves à plus de 70m réellement (trop) profondes pour de la plongée loisir, alors que le reste des plongeurs attendant sur un bateau malmené par la houle que ces premiers terminent enfin leurs longs paliers pour plonger à leur tour sur d'autres épaves plus accessibles, nourrissaient allégrement les poissons.
Commencer dans un lac ou une carrière me parait avec le recul une très bonne chose. Dès 18m la visibilité n'est déjà plus bonne et il faut faire attention à ne pas perdre de vue les palmes de son instructeur; même si l'eau est en principe propre cela n'empêche pas une importante turbidité, claustro s'abstenir ! Sans compter le franchissement des thermoclines qui vous donne une idée de votre résistance au froid, si vous n'avez pas ajouté de bonnes épaisseurs de néoprène. Et puis l'apprentissage et utilisation d'un matériel spécifique lors de plongées hivernales carrément fraiches. En comparaison, à 30m sous les tropiques, la lumière encore forte, une excellente visibilité et une température agréable vous donnent l'impression de vous trouver dans votre baignoire !"

plongée sous-marine à bord d'un voilier

La formation : PADI or not PADI ?

La plongée scaphandre c.a.d. avec bouteilles étant une activité à risques qui ne s'improvise pas, il est déconseillé de plonger en autonomie sans une solide formation de base et un minimum d'expérience. La formation CMAS en France est une formation très complète, qui accorde l'autonomie à partir du niveau 3. Cependant cette formation n'est pas reconnue partout dans le monde. La formation internationale PADI adopte une approche plus ludique de la plongée et confère l'autonomie plus rapidement au niveau "Open Water" (plongées en binôme dans la limite des 18m en principe avec un encadrement extérieur pour palier au manque d'expérience). Il est préférable d'aller au minimum jusqu'au niveau "Advanced Open Water" permettant des plongées plus profondes jusqu'à 30m et des rudiments sur les paliers de décompression, voire jusqu'au niveau "Rescue" pour vraiment aborder les notions de sécurité et de santé en plongée sous-marine. Les deux écoles ont leurs adeptes et leurs détracteurs, avec des équivalences entre leurs différents niveaux pas toujours évidentes. Nous pensons que le choix importe peu, c'est plus une question de se retrouver dans le bon club et de pouvoir suivre les conseils d'un instructeur compétent et pédagogue avec un groupe pas trop nombreux ! Pour l'équipage d'un bateau qui va voyager loin, la reconnaissance internationale du parcours PADI est un plus, que ce soit pour se joindre à une palanquée ou simplement faire regonfler ses bouteilles.


Des ouvrages d'initiation à la plongée sous-marine : voir ici

plongeur avec bouteille de plongée

Pratiquer la plongée à bord d'un voilier

Le premier intérêt de plonger à bord d'un voilier est de pouvoir nettoyer sa carène, c'est plus difficile en apnée, inspecter, régler voire changer une hélice pour une de secours, remplacer une anode usée ou encore enlever un filin ou un filet de pêche pris dans un safran ou l'hélice, voire de dégager une ancre rétive. Certains kits dits de sécurité sont commercialisés avec de petites bouteilles de 2 litres. Il est bon de savoir qu'en utilisant un tel matériel sans un minimum de connaissances, on prend de gros risques. L'effort, le froid ou le stress conduisant parfois à bloquer la respiration, sans parler des remontées d'urgence, peut s'avérer dangereux dès que l'on utilise une bouteille. Une expérience simple : un ballon gonflé à 10 m sous l'eau va voir son volume doubler en remontant à la surface; une expérience à éviter avec ses propres poumons ! Par ailleurs pour un plongeur débutant peu entrainé et stressé par un problème sur son bateau, l’autonomie fournie par une telle bouteille va s'avérer bien courte. On peut utiliser pour la sécurité une bouteille de 6 litres par ex. pour une ancre coincée à 12-15m; dans les eaux chaudes celle-ci procurera une très grande autonomie à un plongeur confirmé (une bouteille de 3l suffirait), mais ce sera bien différent pour un plongeur débutant de surcroit stressé et en eaux froides. C'est aussi une bouteille de plus à stocker dans le bateau et à faire inspecter et requalifier régulièrement.
Certains utilisent parfois un Narguilé pour ce type de plongée peu profonde, mais son utilisation comporte aussi des risques, par ex. intoxication par ingestion de CO stocké dans les tuyaux.
Notre recommandation : suivre une formation et acquérir du matériel (voir ci-dessous) standard, ne serait que pour sa fiabilité ou son rapport qualité/prix avec une bouteille de 12 litres.

Pour ceux qui veulent découvrir l'autre moitié du monde marin et effectuer des plongées "découvertes" en autonomie à partir de leur bateau, il est conseillé de connaitre l'environnement local et ses dangers (ex. forts courants horizontaux ou verticaux). Certains effectuent tout d'abord des plongées de reconnaissance avec un club local, ou bien disposent déjà d'une solide expérience permettant de mettre en place leurs propres procédures et de s'y tenir.

Sécurité

Question sécurité, il est utile de disposer à bord d'une petite bouteille d'oxygène pur avec un détendeur en cas d'accident de décompression et d'une pharmacie prévue pour l'équipage d'un voilier en grand voyage complétée par un plus grand nombre de médicaments nécessaires aux plongeurs, avec notamment des anti-histaminiques forts et fluidifiant sanguins (piqures venimeuses, allergies…), corticoïdes, adrénaline, antibiotiques, etc.
Une formation complète permettra de bien programmer ses plongées en sachant utiliser correctement les tables ou son ordinateur, notamment en cas de plongées multi-niveaux ou successives, et abordera les principaux risques et certaines situations d'urgence : remontées ou paliers d'urgence, accidents de décompression, narcose, azote résiduel, intoxication, air contaminé, dangers liés à la faune (piqures, morsures) ou l'environnement aquatique (courants, brisants, déferlantes). De plus un accent important est mis sur la connaissance (par ex. lors du cursus PADI Advanced) et la préservation de l'environnement marin. Il est utile aussi de savoir inspecter et entretenir son matériel (ex. robinetterie et détendeurs).
Pour les plongées découvertes dans des zones reculées, l'utilisation d'une balise AIS personnel étanche à 60m accrochée à la stab de chaque plongeur est un plus. Un flotteur avec une longe facilitera le suivi pour la personne qui assure la sécu surface. Une très bonne signalisation (flotteurs, grosses bouées, etc) s'avère indispensable, un fanion sur l'annexe même au bout d'une perche n'étant visiblement pas suffisant pour inciter un "pêchou" fatigué ou imbibé de rhum (ou un touriste ignorant crasse) à faire un détour.
Comme le rappelle à juste titre l'équipage de Yo! : "Il est important de réfléchir à l’avance au niveau de risque que l’on est prêt à assumer (certains sites sont à deux jours de mer de la plus proche piste d’atterrissage et donc à trois jours minimum du plus proche caisson de décompression…), de mettre en place des stratégies de mitigation, de prévoir les conséquences du pire, et surtout de suivre ses propres procédures à bord basées sur son expérience. On ne plonge pas seuls de son voilier comme on plonge en club. Il faut donc savoir que l’on va naturellement exclure les plongées profondes au delà de 20m, techniques ou dans des conditions limites (vent, fort clapot…). La procédure de sécurité de base enseignée en club est qu’on plonge toujours en binôme. De plus le club prévoit généralement une sécurité surface. Ces règles sont impossibles à respecter pour un couple de plongeurs-voyageurs : soit on plonge seul, soit on plonge en binôme mais le bateau reste sans surveillance. C’est à estimer en fonction de la compétence des plongeurs et de la configuration du site. Nous avons pratiqué les deux selon les lieux et les plongées, parfois même en poussant jusqu’à tenir l’annexe avec une longe de 20m – cas fréquent lorsque l’on plonge dans une passe avec de l’entrant. Dans les régions que nous ne connaissons pas, nous effectuons généralement 1 ou 2 plongées au sein d’un club afin de connaitre les manières de faire locales, les modèles de courant ou dangers éventuels."

Le matériel de plongée à bord du bateau

La plongée scaphandre est un sport technique qui implique l'acquisition de nombreux équipements. Pour les plongeurs : PMT (Palmes, Masque, Tuba), combinaison d'épaisseur de néoprène cohérente avec la température de l'eau, chaussons, gants, "stab" (gilet stabilisateur permettant de régler sa position en profondeur sous l'eau et de fixer son bloc d'air), direct système, détendeur (l'air dans la bouteille est comprimé à 200 bars) manomètre, profondimètre, détendeur de secours, blocs (bouteilles) avec double robinetterie, couteau/poignard, montre ou ordinateur de plongée, compas, phare, poches de grenaille et/ou ceinture de plombs, ... un matériel bien lourd qui heureusement sait se faire oublier une fois en apesanteur sous l'eau. Pour de petites plongées dans les eaux chaudes tropicales un "shortie" et des palmes sans chaussons peuvent s'avérer suffisant.
Vu qu'il est souvent difficile ou très onéreux de se procurer des pièces de rechange dans certains pays lointains, mieux vaut disposer d'un minimum de "spare" à bord, en particulier pour l'entretien des détendeurs.

Bon à savoir avant la visite des Douanes : il n'est pas permis de disposer à bord à la fois de matériel de plongée scaphandre et de chasse sous-marine (fusil harpon, trident, etc), mais une dérogation peut être demandée aux affaires maritimes pour un voilier sous pavillon français, nonobstant les règles locales dictées par chaque pays et gouvernant les plongées dans leurs eaux territoriales.

Les blocs de plongée

Les bouteilles d'air les plus couramment utilisées pour la plongée sont des blocs en acier d'une capacité de 12 litres, voire 15, avec une embase plastique et un filet de protection pour éviter d'endommager la peinture et prévenir les risques de rouille. Les blocs avec robinetterie à double sortie permettent de brancher le deuxième détendeur sur un deuxième robinet et palier ainsi une défaillance éventuelle du premier robinet et détendeur primaire. Les voiliers pratiquant la plongée possèdent souvent au moins 2 blocs stockés dans des coffres arrière faciles d'accès, notamment pour pouvoir les jeter rapidement par dessus bord en cas d'incendie. L'intérêt de posséder 2 blocs est d'en avoir un toujours de rempli à bord et éventuellement de pouvoir installer un palier de secours sous le bateau ou l'annexe en cas de plongées plus profondes. L'avantage des blocs aluminium utilisés en Amérique est une bien meilleure résistance à la corrosion dans l'environnement marin et humide d'un voilier et un espacement plus grand entre les inspections et requalifications réglementaires obligatoires pour l'utilisation de tout bloc de plongée. Les blocs acier doivent en général être inspectés tous les 2 ans, et sablés ou ré-éprouvés au minimum tous les 5 ans. Par ailleurs disposer à bord de plusieurs raccords et adaptateurs INT/DIN est bien utile, surtout si l'on veut faire gonfler ses bouteilles par des stations locales.

compresseur de plongée à bord d'un voilier

Un compresseur à bord ?

Si pour une personne plongeant seule à bord et pratiquant la plongée pour la sécurité du bateau et/ou découvrir les zones visitées avec des clubs locaux de plongeurs la question ne se pose pas, l'installation d'un compresseur à bord va être rapidement envisagée par un équipage comportant plusieurs plongeurs et de plus effectuant des plongées dans des zones reculées. Certains clubs étrangers sont réticents à gonfler des blocs achetés et révisés dans d'autres pays, nécessitant par exemple l'achat d'un nouveau bloc alu aux USA; de plus lorsque les distances sont longues et les mouillages isolés (exemple du voilier Yo! plongeant au Soudan, Tuamotus, Indonésie) l'intérêt de disposer d'un compresseur à bord devient évident.
Que ce soit un compresseur thermique utilisant un moteur à essence, par exemple comme les Bauer Junior ou Coltri (une capacité de 6m3/h pour gonfler 2 blocs de 12 litres en moins d'une heure) ou bien électrique nécessitant la présence à bord d'un groupe électrogène (forte consommation au démarrage), ce n'est pas sans risque (incendie, air contaminé, très forte pression de 220 bars), ni sans nuisance (bruit, installation, encombrement). Son utilisation nécessite des connaissances supplémentaires et une installation particulière, notamment pour éviter malgré les filtres de comprimer de l'air avec des teneurs élevées en CO2 et autres gaz nocifs provenant des gaz d'échappement du moteur du compresseur !

Logistique

Avoir un bateau équipé d’une jupe spacieuse et d'une échelle prévue pour la plongée facilitera grandement les opérations de préparation, mise à l’eau, embarquement, débarquement. L'Ovni avec sa jupe arrière et son portique est un bateau idéal pour pratiquer la plongée. De plus pour ceux possédant un compresseur, un bateau métallique offre une meilleure sécurité en cas de départ d'incendie.
Comme il est en fait assez peu fréquent de pouvoir plonger directement de son voilier, une annexe assez grande pouvant accueillir au moins 3 personnes confortablement (1 binôme de plongeurs + 1 personne sécurité surface) plus 2 ou 3 blocs et tout le matériel de plongée, dotée d'un moteur suffisamment puissant est nécessaire pour des plongées autonomes. Les lagons du Pacifique sont vastes et l'entrée de la passe ou la zone de plongée intéressante le long du tombant sont parfois fort éloignés de la zone abritée de mouillage du voilier, sans compter le vent ou le clapot qui peuvent se lever brutalement.

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Remerciements : cet article a pu être développé grâce aux précieuses contributions de plusieurs équipages de voiliers Ovni voyageant sur les océans et adeptes de la plongée sous-marine.

Commentaires ou questions ? : utiliser la rubrique grande croisière du forum

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